Samedi 8 novembre 2008
Samedi tranquille, touchant à sa fin. Kiyomi étant partie faire la surveillante à l'occasion d'une excursion des élèves de son école, j'ai eu la maison pour
moi tout seul et j'en ai profité pour lire à peu près la moitié de Wikipédia. Une évidence, de plus en plus : les articles en anglais sont beaucoup mieux que les articles en français.
Ce matin j’ai réussi l’exploit de me lever en même temps que Kiyomi (qui avait pourtant mis son réveil vers 7:15, soit son
horaire habituel en semaine !), et je suis allé voir un ORL - pour cause de nez bouché en permanence depuis à peu près six mois. J’ai en plus fait quelques courses, me suis un peu baladé,
et suis donc sorti en tout une heure et quelques... pour même pas trois minutes de consultation avec le médecin. C’est comme ça au Japon.
Pour être honnête, on va dire que la durée des consultations, surtout les jours chargés comme le samedi matin, sont le seul défaut flagrant du système de santé japonais ; à part ça c’est du haut niveau (si on met de côté certaines mésaventures comme celle racontée précédemment). Certains trucs m’avaient beaucoup frappé lors de mon premier séjour ; notamment le fait que les Japonais ne vont pratiquement jamais chez le médecin comme on le fait chez nous, c’est-à-dire dans son cabinet. La très grande majorité des gens vont plutôt dans des hôpitaux ou cliniques, en général privés, qui possèdent parfois leur propre pharmacie ; ce qui fait qu’on en ressort avec ses médocs, préparés en interne dès la fin de la consultation. Les pharmacies, d’ailleurs, ne délivrent pas les médicaments sous forme de boîte : on récupère, sans la boîte, la quantité précise qu’a prescrit le médecin. Avantages : on ne paie que pour ce dont on a besoin, il y a moins de possibilités d’automédication hasardeuse, de consommation de médicaments périmés, d’accidents de gosse mettant la main dessus... Désavantages : ...?! Je ne vois pas !
Voilà, comme quoi il m'arrive aussi de dire du bien du Japon.
À part ça ça fait un an que je bosse dans ma boîte, joyeux anniversaire. Par mon travail acharné, j'estime avoir apporté 0,1 % de croissance au PIB japonais sur la période. Quelques anecdotes :

Demain barbecue avec mes adorables collègues. On va manger de la viande et des cookies faits par Kiyomi, qui cuisent en ce moment même à côté de moi. La demoiselle, qui a réussi son concours de fonctionnaire les doigts dans le nez, regarde Dr. House ou assimilé sur la Fox. Moi je viens de causer à mes parents par Skype et "dois" finir de lire l'article sur les causes de la Première Guerre Mondiale, donc je vais vous souhaiter le bonsoir.
Ce matin j’ai réussi l’exploit de me lever en même temps que Kiyomi (qui avait pourtant mis son réveil vers 7:15, soit son
horaire habituel en semaine !), et je suis allé voir un ORL - pour cause de nez bouché en permanence depuis à peu près six mois. J’ai en plus fait quelques courses, me suis un peu baladé,
et suis donc sorti en tout une heure et quelques... pour même pas trois minutes de consultation avec le médecin. C’est comme ça au Japon.Pour être honnête, on va dire que la durée des consultations, surtout les jours chargés comme le samedi matin, sont le seul défaut flagrant du système de santé japonais ; à part ça c’est du haut niveau (si on met de côté certaines mésaventures comme celle racontée précédemment). Certains trucs m’avaient beaucoup frappé lors de mon premier séjour ; notamment le fait que les Japonais ne vont pratiquement jamais chez le médecin comme on le fait chez nous, c’est-à-dire dans son cabinet. La très grande majorité des gens vont plutôt dans des hôpitaux ou cliniques, en général privés, qui possèdent parfois leur propre pharmacie ; ce qui fait qu’on en ressort avec ses médocs, préparés en interne dès la fin de la consultation. Les pharmacies, d’ailleurs, ne délivrent pas les médicaments sous forme de boîte : on récupère, sans la boîte, la quantité précise qu’a prescrit le médecin. Avantages : on ne paie que pour ce dont on a besoin, il y a moins de possibilités d’automédication hasardeuse, de consommation de médicaments périmés, d’accidents de gosse mettant la main dessus... Désavantages : ...?! Je ne vois pas !
Voilà, comme quoi il m'arrive aussi de dire du bien du Japon.
À part ça ça fait un an que je bosse dans ma boîte, joyeux anniversaire. Par mon travail acharné, j'estime avoir apporté 0,1 % de croissance au PIB japonais sur la période. Quelques anecdotes :
- * l'autre jour un de nos clients espagnols nous envoie une circulaire en espagnol. Mon supérieur direct me demande si je pige ce que c'est, je lui dis après avoir regardé un peu qu'à priori ça veut dire qu'ils vont changer leur nom d'entreprise ; il écrit ça comme commentaire sur la lettre et va la porter au chef. Le chef qui ne s'en contente pas, et qui revient nous rapporter la lettre en m'ordonnant de la traduire. Et me voilà réalisant ainsi, pour la première et j'espère dernière fois de ma vie, une traduction espagnol-japonais. Caramba !
- * par ailleurs ça n'est pas une anecdote mais c'est intéressant quand même : l'anglais est quand même vraiment une sacrée langue internationale. Nos clients anglophones s'en servent ; nos quelques clients français aussi ; nos clients allemands aussi ; et nos clients taiwanais, coréens, chinois également. Pour ces trois derniers pays le niveau n'est pas toujours très bon, ne nous voilons pas la face ; et quand quelqu'un qui ne maîtrise pas très bien l'anglais pose une question en anglais à des Japonais sur quelque chose d'aussi compliqué que le droit de la propriété intellectuelle au Japon, ça donne quelque chose un peu comme aller cracher sur la tombe de Shakespeare. Heureusement que je suis là pour sauver la situation ! Mais c'est rigolo, je trouve, d'imaginer l'anglais comme une langue complètement partie en vrille, comme une langue ayant complètement échappé au contrôle de ses locuteurs natifs.
- * ...dans les moments de fatigue j'entends parfois mes collègues causer en français. Une fois, j'ai par exemple cru entendre mon collègue taiwanais dire à sa voisine «C'est pas un hasard»... Et aussi mon supérieur s'écrier «Ça c'est de la bagnole !» devant tout le monde ! Mais probablement que non en fait.
- * j'entends aussi des chansons dans ma tête en permanence. L'autre jour c'était la chanson de Téléchat : "Chat de gouttière et chat siamwaaaa... Y'a qu'une télé, c'est Téléchaaaaaaat..." ...Il faut préciser que je ne la connais pas en entier et que donc ce que j'avais tout le long dans la tête c'était vraiment juste ça : "Chat de gouttière et chat siamwaaaaa... Y'a qu'une télé, c'est Téléchaaaaaaaaaaaaaaaaaaat..."
- * avant-hier j'ai appris le mot anglais moot, qui ne sert pas à grand-chose.
- * enfin, c'était Halloween la semaine dernière ; et ma joviale collègue américaine, jamais en retard d'une bêtise, est allé nous voir mes camarades et moi chacun à notre bureau, les uns après les autres, en nous disant «Trick or treat !». Je lui ai filé un bonbon (dégueulasse) pour la gorge aromatisé à la pomme.

Demain barbecue avec mes adorables collègues. On va manger de la viande et des cookies faits par Kiyomi, qui cuisent en ce moment même à côté de moi. La demoiselle, qui a réussi son concours de fonctionnaire les doigts dans le nez, regarde Dr. House ou assimilé sur la Fox. Moi je viens de causer à mes parents par Skype et "dois" finir de lire l'article sur les causes de la Première Guerre Mondiale, donc je vais vous souhaiter le bonsoir.






Dans le même ordre d'idée j'allais oublier la chose suivante :
dimanche dernier se sont déroulées les élections du chef de la préfecture d'Ôsaka. Les deux candidats majeurs étaient un type gris et sans aspérités soutenu par le principal parti d'opposition,
et le gars Hashimoto Tôru. Hashimoto Tôru est un avocat de 38 ans qui passe régulièrement à la télé dans les émissions de variétés (beau mec). Le Parti Libéral Démocrate (PLD),
au pouvoir comme toujours et jamais en retard d'une connerie, le soutenait pour ça et juste pour ça : il passe à la télé donc il a des chances d'être élu. On l'a vu notamment faire des meetings
aux côtés d'une autre star de la télé devenue chef de préfecture PLD, Higashikokubaru Hideo, connu pour avoir fait de la prison pour détournement de mineure. Hashimoto propose notamment de
réduire les revenus des fonctionnaires, une bien bonne idée dans une ville avec beaucoup de pauvres comme Ôsaka. Et malgré le vote déterminé de Kiyomi pour son adversaire, il a été élu sans
difficultés. Le soir même, les télés diffusaient des hagiographies en boucle. Les Japonais ne réfléchissent pas quand ils votent !